Reprise de l’activité parlementaire dans un paysage politique bouleversé

Après la pause législative de ces derniers mois qui a permis le bon déroulement des échéances électorales du printemps, le Président de la République a convoqué par décret le Parlement en session extraordinaire à compter du 4 juillet 2017 et pour une durée d’environ un mois.

Durant cette pause législative, le travail parlementaire ne s’est pas arrêté pour autant : nous avons continué nos travaux en commission et commission d’enquête, qui sont au cœur de nos missions de contrôle de l’activité de l’Etat et de ses agences.

Cette session parlementaire – très courte – s’est ouverte par la déclaration de politique générale du Gouvernement et sera principalement consacrée à la discussion sur :

  • le projet de loi et le projet de loi organique rétablissant la confiance dans l’action publique,
  • le projet de loi renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme,
  • le projet de loi de règlement du budget et d’approbation des comptes de l’année 2016,
  • et le projet de loi d’habilitation à prendre par ordonnances les mesures pour le renforcement du dialogue social.

Cette mini-rentrée se déroule dans un contexte politique particulier tant les lignes ont bougé depuis la fin de la dernière session fin février. L’émergence, inédite dans l’histoire récente, d’une force politique qui devient immédiatement centrale dans l’échiquier politique interpelle tous ceux qui, comme moi, ont pris part dans ce qu’on appelle désormais de façon exagérément péjorative « l’ancien monde ».

Il y a bien un nouveau monde : le visage de la représentation nationale a changé, les français ont choisi à leur tête un Président de 39 ans. De nombreux élus de ma génération ont consacré leur vie à l’engagement public. Ils ont construit l’Europe, pensé puis fait vivre la décentralisation, préservé et renforcé notre modèle social. Ils l’ont fait avec énergie et intégrité et n’ont aucune raison d’en avoir honte. Il faut désormais laisser la place à cette nouvelle génération qui prendra le relais à sa façon.

L’obsolescence des étiquettes d’hier permet, voir impose, à chacun de se redéfinir, de choisir, libéré des non-dits qu’impose le jeu des appareils, les idées et valeurs qu’il souhaite réellement et prioritairement défendre.

Pour ma part, je crois au progrès technique et moral. Ou plutôt, je crois que le progrès peut servir l’Homme à la condition qu’une force politique issue du peuple et garante de l’intérêt général se consacre pleinement à le garantir. Ainsi, je me définis en socio-démocrate, progressiste et européen. Et ce sont ces fondements, personnels et structurants, qui guideront mon action de Sénateur jusqu’à la fin de mon mandat.

La famille politique à laquelle j’appartiens depuis 1974, le Parti socialiste, a préservé une unité de façade ces 15 dernières années en entretenant une forme ambiguïté sur sa ligne. Les défaites historiques qu’elle a subies cette année sanctionnent cette logique de cohabitation de sensibilités incompatibles en son sein.

Le big-bang politique auquel nous avons collectivement assisté exige une clarification sur ce qui justifie encore le destin commun des socialistes.

Evidemment, la question de la formulation d’une ligne collective va se poser très rapidement au sein du groupe socialiste et républicain au Sénat.

Je compte prendre ma part dans ce débat qui doit être franc, ouvert et constructif. Avec mon ami Didier Guillaume dont la position sur le sujet me parait cohérente et constante, je souhaite que le groupe auquel j’appartiens entende l’exigence de profond renouvellement des pratiques et des formes de représentation qui a été exprimé par les français. Pour cette raison, je ne comprendrais pas que les socialistes au Sénat s’enferment dans une opposition frontale et stérile à la nouvelle majorité présidentielle qui ne se justifierait que par la mécanique des petits calculs partisans, ceux-là même que les français ne veulent plus cautionner.

Au contraire, j’appelle de mes vœux une dynamique de profonde redéfinition de ce que nous sommes, pour constituer une force motrice capable d’apporter sa contribution sur les grandes réformes à venir, à commencer par le fonctionnement de nos institutions puisque ce chantier va s’ouvrir dans les prochaines semaines. Parce que je ne crois pas que le quinquennat qui s’ouvre soit écrit d’avance, je veux faire le pari de sa réussite et je souhaite que ceux qui constituent le groupe socialiste et républicain y participent dans le respect de leur identité et de leur mandat.